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L’émergence de groupuscules d’activistes violents

la lutte contre les activistes violents par la DGSI
AdobeStock
10/06/2021
La direction générale de la sécurité intérieure ne s’intéresse pas à l’extrême droite et l’extrême gauche, qui sont des courants politiques sur le suivi desquels les services de renseignement n’ont aucune compétence. 
Elle peut en revanche être amenée à suivre des individus qui, au nom d’idéologies extrêmes, sont susceptibles d’avoir recours à la violence physique avec, pour certains, la volonté d’attenter à la forme républicaine des institutions ou à ses représentants. 

Les groupuscules ultra représentent, avant tout, une menace pour l’ordre public, ces dernières années ayant été marquées par une résurgence des actions violentes en marge des manifestations. Cette menace est suivie à titre principal par le Service central de renseignement territorial (SCRT) et, dans son domaine de compétences, par la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP). 

La période récente a par ailleurs été marquée par l’accroissement des actions ou des projets d’action clandestine visant les biens ou les personnes, notamment celles et ceux qui incarnent l’Etat ou ses partenaires. 

Alors que la France était touchée par le terrorisme islamiste, la mouvance de l’ultradroite militante a vu émerger des groupuscules ou des individus radicalisés susceptibles de projeter, en réaction, des actions violentes visant indifféremment des groupes de personnes à raison de leur religion ou de leur origine mais également certains représentants de la République.

L’attaque meurtrière de deux mosquées en Nouvelle-Zélande, commise le 15 mars 2019 par l’Australien Brenton TARRANT, ou encore l’assassinat de Walter LÜBCKE, haut fonctionnaire allemand de 65 ans et élu local de la CDU connu pour ses positions en faveur des migrants, tué par balle le 02 juin par le néonazi allemand Stephan ERNST, illustrent la menace portée par la mouvance d’ultradroite qui provient soit d’acteurs isolés, militants identifiés ou inspirés par la propagande et susceptibles de passer à l’acte de façon autonome, soit de petits groupes d’activistes constitués en cellules « opérationnelles ».

Depuis 2017, l’action des services a permis de détecter et de déjouer 6 projets d’action violente visant le territoire national. 

Quant aux mouvements d’ultragauche, ils ont, au gré des différents cycles de contestation sociale, fait preuve d’une violence de plus en plus forte et décomplexée visant prioritairement les symboles institutionnels, au premier rang desquels les forces de l’ordre. L’action incendiaire est également devenue un mode opératoire privilégié de la mouvance, qui lance régulièrement des campagnes visant principalement des infrastructures d’énergie et de télécommunications, entreprises privées comme institutions publiques.