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Traducteur-interprète : les atouts de la réussite

interprète
15/06/2021
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Pour mener à bien ses missions de coopération internationale, la direction s'appuie sur des traducteurs et interprètes dotés de plusieurs cordes à leur arc ! Entretien exclusif avec Paul*, traducteur-interprète, pour mieux comprendre son parcours et ses activités.

« Il y a quelques années encore, rien ne me destinait à ce travail et cependant je peux m’appuyer quotidiennement sur les qualités que j’ai développées au cours de ma première vie professionnelle ! »  

Paul a choisi des études supérieures à dominante scientifique, et ses premières expériences de prestataire privé lui ont démontré l’intérêt de combiner travail indépendant et travail en équipe et celui de s’adapter sans cesse à de nouvelles missions souvent courtes et enchaînées les unes après les autres. 

Puis, il a souhaité changer d’univers et utiliser ses compétences en langues étrangères. Il a repris ses études en se dirigeant vers la traduction, car il aimait cette gymnastique d’esprit : « comprendre ce qu’a voulu dire un rédacteur, se mettre à la place du lecteur de la traduction, chacun avec des cadres de référence différents, et moi au milieu, pour faire le pont.  Sans compter la découverte de thèmes tous plus improbables les uns que les autres et qu’il fallait s’approprier rapidement pour traduire au mieux ».  

C’est lors d’un forum de recrutement que Paul a pris conscience que son profil atypique pouvait tout à fait trouver sa place dans l’équipe des traducteurs de la DGSI. Après un processus de recrutement qui a permis d’évaluer sa persévérance, sa patience et sa motivation, il a intégré le service, il y a trois ans, ouvrant une nouvelle dimension professionnelle à son parcours. 

La DGSI a pour particularité de regrouper les fonctions de traducteur de documents écrits et d’interprète, pour les échanges à l’oral, en couvrant tous les thèmes tels que le terrorisme, la prolifération des armes, le contre-espionnage, etc. « C’est une opportunité incroyable car l’interprétariat m’a permis de prendre confiance en moi. Traduire une conversation en direct avec les partenaires nécessite d’être généraliste sur toutes les thématiques pour comprendre le sujet. Le plus souvent, il faut effectuer des recherches documentaires en amont pour comprendre le discours et se montrer réactif lors de l’interprétation. Heureusement, cela s’est fait graduellement, j’ai été accompagné et soutenu par toute l’équipe. Comme je le fais maintenant avec ceux qui nous rejoignent ! »  

C’est justement la polyvalence, l’adaptabilité et la réactivité qui font la richesse de ces fonctions. Il y a parfois des déplacements ponctuels à prévoir, un remplacement au pied levé, mais ça fait également partie de l’intérêt du poste. « Je sens que je participe à une « grosse machine » qui donne un sens à mon travail. Je sais que mon activité est utile, concrète, ma contribution est réelle. »

Travailler au sein d’un service de police et plus particulièrement, un service de renseignement, implique une grande discrétion, un cloisonnement que Paul a su s’approprier. « J’en dis le moins possible, j’ai une présentation de mon travail suffisamment éloignée de la vérité mais crédible et bien rôdée pour écarter les curieux ! Lors de ma prise de fonction, j’ai été alerté sur les risques de recrutement par un service étranger, du coup, j’avais tendance à voir des tentatives d’approche partout ! Maintenant, je conserve ma vigilance, mais avec discernement ! ».

Son futur au sein du service ? Paul le prépare d’ores et déjà. La DGSI lui a proposé de se former à une troisième langue étrangère, en capitalisant sur son savoir-faire acquis au cours de ces dernières années. Un accompagnement qui lui permet aujourd’hui de traduire ses premières notes de renseignement issues d’une autre partie du globe.  

 

* L'identité des agents de la DGSI étant protégée, son prénom a été modifié