Notre musée
Plongez dans le musée virtuel des archives de la DGSI pour découvrir une sélection de pièces remarquables issues de ses collections.
Bureau de Roger WYBOT
Le 16 novembre 1944 paraît l’ordonnance relative à l’organisation du ministère de l’Intérieur, créant entre autres directions celle de la Surveillance du Territoire. Six jours plus tard, Adrien TIXIER, ministre de l’Intérieur du Gouvernement provisoire de la République française (GRPF), signe un arrêté préparé par Roger WYBOT, fixant les attributions et les structures internes de la DST. Roger WYBOT est le premier directeur de la DST et le restera jusqu’en 1959.
Ce bureau reflète l’âme de Roger WYBOT, qui va assurer un contrôle absolu sur tout ce qui se passe à la DST. Toute décision vient du directeur et il est le seul point de communication et de centralisation entre les services de documentation, de manipulation, de filatures, d’écoutes, de poses de micros, etc. Le commandement doit être centralisé dans un minimum d’endroits et se trouver en mesure de prendre une décision avec une extrême rapidité. Quant à la base, elle doit être capable de réagir avec la même virtuosité.
« Pour que le secret soit absolument gardé, il doit demeurer concentré entre un minimum de personnes. Il importe donc que les tâches soient très divisées et les services parfaitement cloisonnés, comme le furent les réseaux dans la clandestinité. »
Tampons "SECRET"
En 1839, grâce au procédé de la vulcanisation du caoutchouc inventé par Charles GOODYEAR, il devient possible de fabriquer facilement les éléments de marquage et de leur assurer une durée inégalée. Le tampon automatique apparaît en 1976 et permet de gagner beaucoup de temps, avec un marquage rapide et constant.
Selon le Conseil Constitutionnel, quand une autorité habilitée identifie un support comme sensible, elle doit d’une part, prendre la décision de le classifier et d’autre part, de lui attribuer un niveau de protection adapté. Ce choix se matérialise alors par un marquage porté directement sur le document.
Ce timbre de classification est la clef de voûte de la protection du secret de la Défense nationale. Il atteste que le support contient des informations dont la divulgation pourrait nuire à la sécurité nationale et conduit, en cas de compromission, à l’engagement des sanctions pénales prévues.
Le dispositif d’écoute dans un coffret de livres
Le dispositif Dante a été élaboré par les techniciens de la DST. Il permet d’écouter et d’enregistrer les conversations dans un salon ou dans une bibliothèque.
Il est composé d’un walkman AIWA, qui était un appareil très innovant puisqu’en 1982 il a été le premier à être équipé de la fonction de retournement automatique de la cassette (autoreverse). L’appareil AIWA TP-38, qui se trouve dans ce dispositif, est produit en 1989 par The AIWA Corporation au Japon.
Un jeu de piles alcaline permet 10 heures d’enregistrement. Puis, la cassette est récupérée, remplacée et étudiée par les agents de la DST.
Le lecteur de microfiches portable Agfa Gevaert Copex LF 203
Dès 1980, le microfilmage vit un tournant technologique majeur marqué par l’essor des microfiches 16 mm, au détriment de la bobine de 35 mm. Les microfiches présentent de nombreux avantages : elles se conservent essentiellement en feuilles et se classent comme des fiches cartonnées. Elles ne prennent pas de place et leur usage est très simple, via des lecteurs.
Il est ainsi décidé que des anciens documents de la DST allaient être mis sur microfiches pour les préserver et pour gagner de la place. Des meubles spécifiques sont faits sur mesure pour contenir les casiers de microfiches.
Intégré dans une mallette de transport rigide, le lecteur permet de projeter et d’agrandir des documents mis sous microfiches. Il pouvait être utilisé pour lire les microfiches dans tous les bureaux de la DST, en cas de besoin.
La mallette sécurisée pour documents
C’est un modèle en similicuir noir de la marque allemande GRAWE.
Cette mallette de transport dotée de compartiments de documents est sécurisée et se ferme grâce à une combinaison réglable.
Elle était utilisée principalement pour transporter du courrier sensible, dans les années 90.
La machine à écrire Adler Gabriele 35
La machine à écrire est l’une des innovations les plus importantes du XIXème siècle.
La première machine à écrire fonctionnelle est inventée en juin 1868, sous forme d’un meuble en bois avec des touches de piano pour actionner les caractères. Elle est rebaptisée en 1874 Remington n°1 et a marqué la naissance de la machine à écrire commerciale.
La machine à écrire révolutionne les bureaux, rendant la communication plus rapide et plus efficace. Elle devient un outil indispensable pour tout professionnel du renseignement, changeant la dynamique des affaires et la communication professionnelle. Elle commence à perdre du terrain avec l’avènement de l’ordinateur.
C’est en 1957 que l’entreprise allemande Triumph-Adler GmbH se tourne vers la production de machines à écrire. Aujourd’hui, elle s’est spécialisée dans les solutions et le matériel bureautique.
Le dispositif d’écoute Phonak
Le dispositif Phonak fait référence aux systèmes de communication tactiques et d’oreillettes ultra-discrètes, développés par la branche professionnelle de Phonak.
Ce petit coffret contient une oreillette à induction sans fil discrète à glisser dans l’oreille, conçu pour l’écoute et la communication à distance.
Filature et surveillance étaient menées en temps réel par les fonctionnaires de la DST.
Buvard dissimulant un micro
Si ces objets n’apparaissent plus dans notre quotidien, les presse-buvards trônaient sur les bureaux jusque dans les années 80. Ils étaient utilisés pour absorber le trop plein d’encre après une écriture à la plume. Leur emplacement stratégique faisait d’eux une cache idéale pour dissimuler un micro et enregistrer les conversations. Le principe consistait donc à substituer à l'insu de la personne un banal accessoire de bureau apparemment identique, mais contenant un dispositif d'écoute.
On notera que l’exemplaire présenté ici n’a pas nécessairement été fabriqué par la DST, mais relèverait plus vraisemblablement d'un dispositif d'écoute clandestine étranger saisi par les services français vers 1960.
Stylo dissimulant un micro
D’apparence anodine, ce stylo bille était doté d’un microphone. Utilisé par un officier traitant dans les années 1960-1980, il lui permettait d’enregistrer aussi bien ses cibles que ses échanges avec ses sources. Le micro était associé à un petit émetteur radio, généralement analogique, qui transmettait le son à distance vers un récepteur. C'est probablement ce type d'appareil que l'on imagine le plus souvent lorsqu'on parle de matériel d'espionnage de la guerre froide. Des sources historiques sur le renseignement montrent que les années 1960–70 ont vu l'emploi de nombreux microphones et systèmes d'écoute miniaturisés. Ce type de « stylo micro » était en particulier utilisé par le ministère de la Sécurité d'État de la RDA (Ministerium für Staatssicherheit), connu sous la tristement célèbre abréviation de « Stasi ».
Petit magnétophone lecteur / enregistreur
Datant des années 50, ce petit magnétophone était employé pour enregistrer discrètement des personnes placées sous surveillance et permettait aux services de renseignement d’écouter les bandes magnétiques qu’ils avaient reçues.
Grâce aux possibilités de miniaturisation d’images (photographies, copies de documents, code de chiffrage…), de nombreux renseignements étaient regroupés sur des sortes de microfilms de très petite taille appelés micropoints. Pour les dissimuler en attendant de les transmettre, à domicile par exemple, ou pour les transporter sans se faire repérer, les agents de renseignement avaient détourné des objets usuels qui n’attiraient pas l’attention.
Pile transportant un micropoint
Les piles de marque Mazda étaient notamment utilisées dans les radio-transistors. Celle-ci a été détournée pour cacher un micropoint. Un micropoint était un microfilm extrêmement réduit et qui pouvait regrouper sous une forme minuscule des photographies, copies de documents ou codes de chiffrement. Le principe relevait de la stéganographie : l'information était rendue suffisamment petite pour pouvoir être dissimulée dans un objet du quotidien ou un support banal.
Clé transportant un micropoint
Cette clé pouvait être démontée en deux éléments pour cacher un micropoint. Il s’agit donc d’une clé creuse ou à compartiment dissimulé, conçue non pas pour communiquer un message directement, mais pour transporter physiquement un micropoint. Elle fait partie de cette série d’objets usuels détournés pour dissimuler des microfilms extrêmement miniaturisés.
Crayon transportant un micropoint
Même principe de démontage que la clé pour cacher un micropoint. Il doit être souligné que les services français utilisaient déjà les micropoints depuis l'entre-deux-guerres, et que ces techniques ont été largement employées après 1945 pour transmettre clandestinement des renseignements.
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Les anciens agents du renseignement intérieur
L’association des anciens du renseignement intérieur (ADARI) contribue à la préservation de la mémoire de la direction à travers des actions de formation, des publications à destination de ses membres, notamment dans son magazine Continuum, et des rencontres thématiques.
11 juin 2021