L'état de la menace terroriste en France

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Depuis 2012, les attentats terroristes ont causé la mort de 271 personnes et fait près de 1200 blessés. Par ailleurs, 70 attentats ont été déjoués, dont 62 par l'action de la DGSI.  

La menace jihadiste visant l’Hexagone a évolué

La capacité de « projection » de la menace par l’Etat Islamique (EI) à partir du Levant*, dont les exemples les plus emblématiques demeurent les attentats coordonnés du 13 novembre 2015, a été très fortement dégradée par l’action de la coalition militaire bâtie contre l’organisation terroriste et par l’ensemble du travail international de coopération antiterroriste. Néanmoins, au Levant, la volonté de l’EI de reconstituer cette capacité reste intacte.

Al Qaïda, qui a revendiqué l'attentat contre Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, reste déterminée à frapper les pays occidentaux. En lutte avec l'EI pour la prééminence sur la scène du jihad international, certaines de ses filiales, plus particulièrement en Somalie et au Sahel, se distinguent localement par leur montée en puissance opérationnelle. A l'instar de l'EI, l'organisation est soumise à un processus d'attrition de ses hauts cadres, comme l'a illustré la neutralisation de son émir, Ayman Al Zawahiri, le 31 juillet 2022 à Kaboul, qui constitue un indéniable revers symbolique pour Al Qaïda.

En France, à la menace projetée s’est ajoutée une menace émanant très majoritairement d’acteurs endogènes (il s'agit alors de menace endogène en opposition à la menace exogène), notamment influencés par une propagande jihadiste persistante, en dépit de sa moindre production. 

Les modes opératoires promus par les organisations terroristes, tels que des attaques au couteau ou avec des véhicules béliers, contribuent à influencer des personnes avant de passer à l’acte, au terme d’un parcours individuel parfois marqué par des facteurs de fragilité psychologique. 

Enfin, la prise en charge des détenus terroristes islamistes, en détention et à leur sortie, constitue également un enjeu sécuritaire majeur. Avec plus de 400 individus actuellement incarcérés pour des faits de terrorisme et plus de 270 individus libérés entre 2019 et 2021, la menace potentielle portée par les détenus et anciens détenus est au cœur des préoccupations de la DGSI. 

Commises dans un contexte de forte mobilisation de la mouvance islamiste radicale, les attaques de l’automne 2020 ont constitué une séquence terroriste inédite. Elles illustrent l’émergence d’une menace incarnée par des individus non nécessairement affiliés à une organisation terroriste et d’autant plus complexe à identifier avant leur passage à l’acte.

 

* Cette appellation  désigne aujourd’hui la région méditerranéenne composée de la Syrie, du Liban, de la Jordanie, d’Israël et de la Palestine.