L'état de la menace terroriste en France

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  • Publié le 03/04/2023
  • Mis à jour le 31/05/2024
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Depuis 2012, les attentats terroristes ont causé la mort de 273 personnes et fait de très nombreux blessés. Par ailleurs, 81 attentats ont été déjoués, dont 71 par l'action de la DGSI.

La menace jihadiste visant l’Hexagone a évolué

La capacité de «projection » de la menace par l’Etat Islamique (EI) à partir du Levant*, dont les exemples les plus emblématiques demeurent les attentats coordonnés du 13 novembre 2015, a été très fortement dégradée par l’action de la coalition militaire bâtie contre l’organisation terroriste et par l’ensemble du travail international de coopération antiterroriste. Néanmoins, au Levant, la volonté de l’EI de reconstituer cette capacité reste intacte.

Al Qaïda, qui a revendiqué l'attentat contre Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, reste déterminée à frapper les pays occidentaux. En lutte avec l'EI pour la prééminence sur la scène du jihad international, certaines de ses filiales, plus particulièrement en Somalie et au Sahel, se distinguent localement par leur montée en puissance opérationnelle. A l'instar de l'EI, l'organisation est soumise à un processus d'attrition de ses hauts cadres, comme l'a illustré la neutralisation de son émir, Ayman Al Zawahiri, le 31 juillet 2022 à Kaboul, qui constitue un indéniable revers symbolique pour Al Qaïda.

En France, à la menace projetée s’est ajoutée une menace émanant très majoritairement d’acteurs endogènes (il s'agit alors de menace endogène en opposition à la menace exogène), notamment influencés par une propagande jihadiste persistante, en dépit de sa moindre production.

Les modes opératoires promus par les organisations terroristes, tels que des attaques au couteau ou avec des véhicules béliers, contribuent à influencer des personnes avant de passer à l’acte, au terme d’un parcours individuel parfois marqué par des facteurs de fragilité psychologique. 

Enfin, la prise en charge des détenus terroristes islamistes, en détention et à leur sortie, constitue également un enjeu sécuritaire majeur. Avec quelques 400 individus actuellement incarcérés pour des faits de terrorisme et plus de 470 individus libérés depuis mi-2018, la menace potentielle portée par les détenus et anciens détenus est au cœur des préoccupations de la DGSI. 

Commises dans un contexte de forte mobilisation, de la mouvance islamiste radicale, les attaques depuis l’automne 2020 constituent une séquence terroriste inédite. Elles illustrent l’émergence d’une menace incarnée par des individus, le plus souvent motivés par l'offense présumée à la religion musulmane, et non nécessairement affiliés à une organisation terroriste, ce qui les rend d’autant plus complexes à identifier avant leur passage à l’acte.

Enfin, le risque de menace projetée, qui s'était atténué ces dernières années, pourrait ressurgir à la faveur de certaines évolutions régionales.

* Cette appellation  désigne aujourd’hui la région méditerranéenne composée de la Syrie, du Liban, de la Jordanie, d’Israël et de la Palestine.